Créatures de la fôret...

Ouvert par pj0621 le 04/05/2003

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Pilpin Filfendu, Hobbit courageux...

Pilpin marchait d'un pas tranquille en cette fin de matinée; il revenait de chez Fineprune, qui lui avait préparé un formidable petit déjeuner. Celui-ci était composé d'une gigantesque patisserie aux pommes, sur laquelle était nappée une couche de caramel croustillant... Ce genre de pâtisserie n'était en général pas suffisante pour remplir convenablement l'estomac de notre sympathique créature aux grands pieds; toutefois, sa visite chez Fineprune n'était pas la première de sa journée, et il s'était déjà régalé de trois succulents petits déjeuners tout aussi copieux... Aussi, Pilpin décida de se rendre dans la fôret pour faire une balade digestive qui s'avérait nécéssaire.

Incorrigible, il en profita pour jetter un oeil gourmand aux baies, aux fruits et aux champignons dont il pourrait faire son déjeuner. Pilpin se disait que son ami avait du abuser de l'alcool d'amande dans son gâteau, car il ne s'expliquait pas le sourire béat qui éclairait son visage, et dont il ne parvint pas à se défaire.

Perdu dans ses pensées, il ne savait plus du tout où il se trouvait, mais sa béatitude, l'alcool, et la curiosité naturelle propre aux Hobbits firent que, loin de s'inquiéter, il s'enfonça dans la fôret plus loin que jamais.

Au bout d'une bonne heure, les effets de l'alcool s'étaient presque dissipé sous l'effet de la marche, et notre ami aux pieds poilus sentit l'embarras le gagner; il était perdu!
Il ne s'inquiétait pas pour autant: la fôret est un endroit tranquille. Il tendait l'oreille pour guetter la présence d'un congénère...mais rien. Les seuls sons qu'ils percevait le rassuraient cependant, car les oiseaux gazouillaient, les écureuils sautaient de branche en branche, les lapins fuyaient à son approche; rien d'anormal.

Pilpin marcha encore pendant quelques heures, et progressivement, l'embarras se changea en inquiétude, puis en panique. Son front était luisant de sueur, ses joues rouges, son souffle court, et pire que tout: il n'avait pas d'appétit. La chose est grave pour un Hobbit!
Il ne s'en était pas aperçu jusqu'alors, mais quand il tendit à nouveau l'oreille, il n'entendit plus rien, pas même le bruit rassurant d'un oiseau... En observant plus attentivement autour de lui, il ne reconnut pas la fôret! Celle où il s'était baladé le coeur lèger quelques heures auparavant était verte et claire, les arbres étaient beaux et grands... Ici, la plupart des végétaux étaient morts, ou brisés, et la voute des branches était si dense et les arbres si serrés que la lumière n'y passait qu'à grand peine.

Paniqué, le Hobbit se rappella le proverbe que répétait son oncle: "Quand la fôret se tait, lache ta gamelle et va te cacher". A peine eut-il dit ses mots dans sa tête qu'il courrait déjà se réfugier dans le creux que formaient les racines d'un arbre immense et noir.

Là, caché par le feuillage brun qui tapissait le sol, il repris son souffle et réfléchit à une solution... Mais rien n'y fit, son esprit ne cessait de lui faire venir en tête toutes les histoires que ses camarades et lui se racontaient le soir, au coin du feu, pour se faire peur... Il en riait encore la semaine passée, mais aujourd'hui, il était sur le point d'en pleurer. Combien de fois s'était il vanté de pouvoir vaincre un troll ou échapper à une armée d'orques? Quelles histoires, parmi celles qu'il avait entendue, étaient vraies? Y avait-il vraiment des trolls dans cette fôret?

Pilpin tremblait, de tout son corps. Il avait froid. Il était à bout de force. Soudain, il entendit un craquement sec, un cri rauque, des pas lourds qui écrasaient les feuilles mortes non loin de sa cachette, et une odeur particulièrement insupportable...


(Sembei le Yakitori!!!)
Kulm, Troll solitaire


Kulm s'éveilla tard ce jour là, il était très fatigué de la journée qu'il avait passé la veille à chercher de la nourriture. Il vivait depuis trop longtemps dans cette fôret pour se souvenir de son arrivée, mais il sait qu'il a toujours vécu seul. Il se rappelle quelques moments de sa vie: des Trolls comme lui, des humains prisonniers, qui hurlent... puis plus tard un combat, avec un humain en armure argentée, où il perdit une oreille... Et puis la fuite, seul, jusqu'à cette fôret, où depuis fort longtemps maintenant on le laissait en paix.

Il passait ses journées à trouver de la nourriture. Il savait que, non loin, un village peuplés d'enfants humain très poilus était à sa disposition, mais il y avait renoncé, de peur de voir rompue sa tranquile retraite... Il se contentait de gibier, plus ou moins gros selon les jours, et occupait le reste de sa journée à aménager un espace dans cette fôret. Jusqu'à aujourd'hui, il est parvenu à creuser une véritable clairière en plein milieu du bois touffu!

Kulm se leva donc fourbu, et affamé, et se dirigea hors de son terrier. Le soleil avait déjà passé son zenith, et le troll regretta de s'être levé si tard. Le petit gibier profite en effet du matin pour se dégourdir les pattes, et une fois le soleil haut dans le ciel, il devient plus difficile d'en attraper. Klum se gratta la tête, le nez et l'oreille qui lui restait, puis il sentit sont doigt, en examina l'étrange couleur, et se décida enfin à partir en chasse.

En chemin, il ramassa un énorme tronc mort, puis il se ravisa et pris une simple branche de chêne, se disant qu'après un coup d'une masse si énorme, aucun des animaux qui peuplent cette fôret ne serait encore assez gros pour être dévoré...

Au bout de quelques heures de chasse, il tenait dans son énorme main un demi douzaine de lapins! La fôret était généreuse en cette saison, et Kulm se sentit soulagé d'avoir trouvé de quoi faire taire son estomac!

Mais sur le chemin du retour, le troll entendit des cris bruyants, des chevaux, essouflés par une allure folle, des armures... Son humeur légère fit place à une tension subite; il sentit ses muscles se contracter: ce n'était pas la première fois qu'il entendait ces bruits! Il courrut vers son tertre et ce qu'il y découvrit réveilla ses instincts les plus sauvages: Trois cavaliers humains, en armure, l'épée au poing, mettaient à sac sa paisible clairière.

Il se précipita sur l'un d'eux, le fit tomber brutalement de cheval et avant que les deux autres n'eurent le temps de réagir, il brisa les membres du malheureux qui sombra, inconscient. Le second cavalier fonçait sur lui lorsqu'il se retourna, tandis que le troisième, une femme, l'arc bandé, s'apprêtait à lui décocher une flèche entre les deux yeux. D'un bond, Kulm se jetta sur le côté, évitant la charge de l'homme, mais il reçu la flèche dans le flanc. Hurlant de douleur il se releva sèchement, et frappa de plein fouet le joug du cheval proche de lui. Celui ci s'écroula, son cavalier également, non sans avoir tiré son épée et entaillé sévèrement le bras de la créature des bois. L'archère, quant à elle, s'approcha de son compagnon et l'aida à se relever. Kulm ne compris pas ce qu'ils se dirent, mais il se méfia et fonça sur eux avant qu'ils aient pu s'organiser. l'homme, surpris, reçu la charge du troll en pleine poitrine, et mourut sur le coup, les côtes réduites en miettes. L'archère fut prise de panique. Elle tenta de s'enfuir, mais le troll, hors de lui, la rattrapa et la tira violement vers lui. Il la tenait par le cou, à un mètre du sol. Elle était à sa merci et hurlait, plus de peur que de douleur, tandis que ses jambes se balancaient en tout sens dans le vide. Kulm voulu l'épargner, mais sa colère s'exprima plus vite que sa raison. Il brisa sa nuque, elle s'écroula sur le sol, lui aussi, terrassé de douleur.

Lorsqu'il se réveilla, son flanc le brulait. La flèche devait être empoisonnée. Son bras était en sang mais il souffrait surtout d'avoir été attaqué pour rien d'autre que ce qu'il était: un monste. Lui qui avait renoncé à attaquer les humains...

A genoux, il laissa tomber sa tête et aperçu, entre ses doigts, les six lapins qu'il avait capturé et qu'il n'avait pas laché depuis... Il se fit pitié. C'était fini, il décida d'abandonner sa clairière et d'aller chercher à manger là où il y en avait: au village des enfants humains.

Il était ivre de colère et courru vers le village... Sur le chemin, il croisa un grand arbre noirci par le temps, il s'y arrêta pour se reposer, et entendit un faible son, une respiration saccadée, et une odeur très appétissante de pommes, de caramel, et de chair...


(sembei le yakitori!!!)
La rencontre


Pilpin redoutait d'être découvert, il fermait les yeux et pria Karama de lui venir en aide... Il entendit la créature renifler, faire un pas, puis renifler encore...Elle s'approchait. Peut-être n'était-ce après tout qu'un rongeur? Non , ses pas sont pesants... Un ours? Non, les ours ne sentent pas si mauvais... Un sanglier? Non plus, le cri qu'il avait entendu n'était pas celui d'un sanglier, il ressemblait davantage à celui d'un..."oh non!" se dit le Hobbit, blanc de peur..."un troll".

Tétanisé, il ne pouvait plus bouger... Le troll s'avançait, lentement; chacun de ses pas lourds le rapprochait de la cachette de la pauvre petite créature, qui bientôt sentit sur ses pieds, le souffle chaud et puant, qui sortait des naseaux humides du terrible mangeur de Hobbit! Il était perdu...

Le troll, apaisé par sa course et par la faim qui le gagnait, était maintenant curieux de trouver ce qui dégageait une si bonne odeur... Il avança sa main immense parmi les racines de l'arbre, et saisit brutalement la jambe du Hobbit, qui ne put retenir un gémissement terrifié... Le troll, méfiant, tira d'un coup sec sur sa prise et découvrit à l'autre bout un petit être tremblant...un enfant humain!!! Mais après avoir approché davantage de sa tête le petit être, il s'aperçut qu'il n'avait pas grand chose de commun avec un enfant, à part la taille et les traits du visage...

Le Hobbit, pendant cet examen, la tête en bas, se débattait frénétiquement, et hurlait d'un cri si aigu que le troll fut presque surpris qu'une si petite chose fasse tant de bruit... Kulm se gratta la tête, puis le nez, d'un air étonné. Il toucha, de son doigt sali, le ventre rebondi du Hobbit, et se dit qu'il valait bien une famille entière de lapins, voire peut-être un petit sanglier... L'appetit le gagnait!

Le pauvre Pilpin, déchiré par la panique, et torturé par ce doigt répugnant qui le chatouillait bien malgré lui, continuait à s'époumonner. Ses cris commencèrent même à indisposer Kulm qui, d'un léger revers de main, calma le Hobbit. Ce dernier, groggy, se tut bien volontiers. Le troll profita du soudain silence de la fôret pendant quelques secondes, puis ses pensées se tourenèrent à nouveau vers sa proie. Il songea à la meilleure façon de déguster ce nouveau plat... Cru? Cuit? A la broche?...Hum, un Hobbit à la broche: l'idée le séduisit! Il jetta le corps de Pilpin à terre, et commenca à chercher de quoi faire un feu...

Encore à demi conscient, le Hobbit, à bout de force, tenta de fuir, mais en vain, il ne parvint qu'à se trainer qu'à quelques pas de son prédateur... Il se résigna, posa la tête sur le feuillage humide qui tapissait le sol, et son regard se fixa sur le troll qui s'évertuait à allumer un feu avec du bois mort. Ses yeux se mouillèrent, et bientôt, des larmes coulaient abondament, d'un sillon fin et continu, comme si à travers ce liquide salé s'échappaient la joie, la candeur et l'espoir de Pilpin... Il pensa à ses amis, sa famille, son village... Il ne reverrait plus rien de la verte colline, qui abritait tout ce qui lui est cher...

Il était au bord de l'inconscience, lorsqu'il vit le troll se redresser d'un bond, lâcher le bois qu'il avait en main, et se diriger d'un air furieux vers lui... Il serait bientôt mort, dévoré par ce troll. Il n'avait plus peur, il était seulement triste, très triste...

Le troll se saisit à deux mains du Hobbit, le leva et le tint devant lui, au dessus du sol. Il plongea son regard dans le sien, et pendant un instant, il parut surpris de voir des larmes couler le longs de ses joues; il pensait qu'il était déjà mort. Pendant quelques secondes, ils ne bougèrent plus...

Mais soudain, un bruit étrange brisa ce silence...le troll baissa la tête: son ventre le rappellait à ses priorités... Sans s'attendrir, il serra ses longs doigts autour du cou du Hobbit, qui, avant d'étouffer, poussa un dernier cri... Kulm pouvait enfin calmer son appétit!

Lorsque le troll se réveilla, il faisait presque nuit, et sa faim, quoique calmée, était toujours là... Il se leva, et se dirigea vers la sortie de la fôret, bien décidé à faire cette nuit un festin de son nouveau plat préféré!



(sembei le yakitori!!!)