Les rivières de sang
Cette histoire se déroule il y a de nombreuses années, alors que ceux que nous appelons héros combattaient encore ceux que nous appelons ennemis
Le calme était des plus total ce soir là, et seul le bruit de linterminable pluie venait troubler le silence du camp que les elfes des ténèbres avaient monté à la hâte, il y avait trois lunes de cela
la seule lumière visible venait de la tente du chef, on pouvait y voir à lintérieur quelques bougies noirâtres, dont les faibles flammes vacillaient sous les multiples va et vient dune femme, mouillant le front dune autre femme dun linge humide.
Un homme se trouvait au dehors, scrutant lhorizon dun air inquiet. Il portait une armure de plus noire, tranchant littéralement avec sa peau des plus blafarde. Ses yeux rouges semblait minés par la fatigue, lorsquun cri le ramena à la raison.
« Un garçon ! Cest un garçon ! »
On put voir le visage de l elfe sadoucir à ces mots, tandis que le bruit des armes résonnait dans tous le camps, en réponse à la nouvelle. Lhomme entra dans sa tente, et regarda sa compagne, épuisée, allongée sur sa couche, tandis que la sage-femme improvisée nettoyait les dernières traces de sang.
Lelfe vint se mettre au coté de sa ravissante épouse sur son lit, passant lentement mais tendrement la main sur ses cheveux et sa joue pour lui montrer quil était là. Elle ouvrit lentement les yeux et le regarda de son regard violet, souriant de son visage dange aux caresses de son époux.
« Soit fier mon ami, car je tai donné un fils
»
Sa voix était très faible, et lelfe mit rapidement un doigt sur ses lèvres, pour lui faire comprendre avec douceur de se taire, et de se reposer.
La femme elfe referma alors les yeux après avoir déposé un baiser sur le doigt de son mari, et sombra rapidement dans le sommeil. Lhomme se leva de nouveau et se dirigea vers le petit lit qui avait été improvisé pour lenfant.
Le nouveau-né était entouré dun drap noir, et possédait la même pâleur que son père, il regardait silencieusement avec de grands yeux violets les alentours, comme curieux du monde extérieur.
Lelfe sourit et le prit dans ses bras, pensant que son fils avait le même regard que celle qui lavait mis au monde. Le bébé se mit a agiter les jambes en émettant une sorte de petit rire, quand les mains gantées le prirent pour lélever jusquau torse de son père. Celui-ci le jugea longuement, jouant légèrement avec lui et souriant comme tous bon père
Mais il reposa bientôt lenfant qui se mit a pleurer. Lelfe sabaissa alors vers le nourrisson et lui dit des paroles que lui seul pouvait entendre, dune voix ferme et autoritaire. Lenfant parut comprendre les dires et se tut, pour finir par sendormir
Une fois ressorti de la tente, lelfe noir avait gardé son sourire, et quelques hommes le regardèrent passer tandis que la pluie disparaissait. Les nuages cédèrent bientôt place à la lune, qui elle voyait non loin de là ce que les éclaireurs elfes des ténèbres navaient pas descellé.
En effet, tout près, des envoyés de nos héros étudiaient attentivement la façon dont les elfes noirs avaient préparé leur camp, ainsi que leur apparente motivation, et tout autre détail stratégique qui pourrait faire de la bataille qui suivrait une réussite totale.
Les troupes arriveraient sous peu, bien nourries et en pleine forme. Lattaque avait été décidée pour le lendemain matin. Bien que les deux éclaireurs sétaient rendus compte quune nouvelle semblait avoir redonné une étincelle de joie de vivre dans le camp, ceux-ci estimèrent quil nétait pas nécessaire den informer leur supérieur. Lenvie de se venger delfes noirs était plus forte que la prudence la plus absolue.
...
Le matin fut baigné de sang. Les armées dhommes déferlèrent sur le camp elfe, non préparé et fatigué par leur précédente fuite, ceux-ci durent se résigner à combattre en sachant quils allaient droit à la mort.
Le chef du camp fit ordonner que sa femme et son fils soit envoyés à labri avec les autres femmes du camp, tandis que lui même sortait lentement une à une ses deux lames aussi noires que létaient ses cheveux. Il prit position au devant de ses hommes, refusant le cheval que lon lui tendait et attendant de front ses ennemis qui avançaient lentement.
Le combat fut bientôt lancé, les hommes en blanc déferlèrent telle une pluie purificatrice sur les elfes tout de noir vêtus. Mais la volonté des futurs perdants fut beaucoup plus dure à briser que ce que quiconque aurait pu penser. Animés par la volonté de partir de la manière la plus noble, chaque elfe redoublait de force et de courage, les guerriers qui étaient sur ce champ de bataille auraient pu vous dire quils navaient jamais vu une tel hargne, et lon comprit bien vite que la mort du chef, lui aussi combattant tel un possédé, permettrait probablement daccélérer la victoire.
Le chef en question faisait voler les corps en lambeaux, et nombres de guerriers morts trônaient déjà à ses pieds. Tandis quil poussait des hurlements de rage à chaque coup supplémentaire quil portait dans la chair de ses assaillant, un carreau darbalète vint se figer dans son épaule, transperçant son épaisse armure de Jai.
Au lieu de se tordre de douleur sous leffet de la perforation, il pencha légèrement sa tête en arrière et ria de plein poumon, ce qui eu pour effet de laissez tous les guerriers autour de lui bouche bée, quils soit elfes, ou humains. Pendant son rire rempli de folie, il attrapa une des dagues à sa ceinture et la jeta vivement dans un cri de rage, celle-ci alla se figer dans le tronc de la personne layant blessé.
Le temps que les personnes autours comprenne ce qui sétait passé, il était déjà à leur contact, tranchant et briser les os des personnes les plus proches, à grand coups de lames, mêlant agilité elfes noires et force de la haine
Plus loin, les chevaux transportant la compagne du chef et les autres femmes étaient eux aussi poursuivis. Dans leur fanatisme contre le mal, les humains avaient également décidé de traquer les femmes, pour quaucun germe du mal ne reste en vie et ne puisse revenir crier vengeance.
Les femmes tombèrent bientôt sous les coups de lames et les pluies de flèches de leurs assaillants. Celles qui savaient se battre sacrifièrent leur vie pour tenter de ralentir leurs ennemis. La femme du chef, reconnue pour ses talents de combattante, avait voulue se joindre à elles, mais elles avaient refusé en invoquant le fait que leurs vies ne valaient rien face à la sienne et celle de son enfant.
Toutes moururent, tandis que la chef portait son enfant le plus vite possible loin de tout cela
Elle avait également prit une flèche, qui navait fait que passer au travers de son épaule.
La femme finit enfin par arriver dans une forêt, mais son cheval mortellement blessé, sécroula au sol. Elle dû alors se résoudre à courir dans ces bois perdus, avec ses assaillants aux trousses.
Au moment ou elle arriva prés dune rivière, elle comprit quelle ne pourrait jamais la traverser à la nage. Les eaux étaient bientôt trop agitées, et elle risquerait de faire du mal à lenfant
Elle posa donc son fils délicatement contre la mousse dun arbre, et sorti sa lame, se dirigeant dun pas déterminé vers ceux qui sapprochaient pour lui prendre sa vie.
Elle défendit chèrement son âme, se battant pour son fils. Son agilité faisait delle une combattante dangereuse et son cimeterre volait au gré du vent, léger et meurtrier, tandis que le corps de la magnifique elfe noire tournait autour de ses ennemis, dans une danse de trépas, dans un amour pour la vie de son fils le plus total
Quelques minutes plus tard, la femme revint prés de son enfant
Sa force lui avait permis de tuer ses assaillants, mais elle avait subi des blessures quelle savait ne pas pouvoir guérir... Elle sadossa à larbre et prit lenfant dans ses bras, celui-ci pleurait, mais se calma au contact de sa mère.
Elle regarda longtemps son visage, le sien était ensanglanté et en larmes, mais elle essayait de sourire. Dans les traits de son fils, elle revoyait ceux de celui qui lavait conçue avec elle, et ses propres yeux violacés. Elle sourit une dernière fois en prononcent le nom quelle lui avait donné, et sa vie séteint
« Myrlochar
»
Peu de temps après, les dryades de ce coin du monde trouvèrent le corps de lelfe noire qui tenait dans ses bras un enfant endormi
Bien quapeurées, elle prirent le nourrisson, et remarquèrent que la femme tenait une pierre bleue dans la main. Lenfant fut mené à la maîtresse des lieux, qui prit alors sa venue et la présence de la pierre comme un fait du destin. Cest pourquoi elle lui attribua le nom du joyau
« Lazuly. IL se nommera Lazuly. »
Riviéres
Ouvert par Lazuly le 20/04/2003
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20/04/2003