Riviéres

Ouvert par Lazuly le 20/04/2003

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Les rivières de sang




Cette histoire se déroule il y a de nombreuses années, alors que ceux que nous appelons héros combattaient encore ceux que nous appelons ennemis…


Le calme était des plus total ce soir là, et seul le bruit de l’interminable pluie venait troubler le silence du camp que les elfes des ténèbres avaient monté à la hâte, il y avait trois lunes de cela… la seule lumière visible venait de la tente du chef, on pouvait y voir à l’intérieur quelques bougies noirâtres, dont les faibles flammes vacillaient sous les multiples va et vient d’une femme, mouillant le front d’une autre femme d’un linge humide.

Un homme se trouvait au dehors, scrutant l’horizon d’un air inquiet. Il portait une armure de plus noire, tranchant littéralement avec sa peau des plus blafarde. Ses yeux rouges semblait minés par la fatigue, lorsqu’un cri le ramena à la raison.

« Un garçon ! C’est un garçon ! »

On put voir le visage de l’ elfe s’adoucir à ces mots, tandis que le bruit des armes résonnait dans tous le camps, en réponse à la nouvelle. L’homme entra dans sa tente, et regarda sa compagne, épuisée, allongée sur sa couche, tandis que la sage-femme improvisée nettoyait les dernières traces de sang.

L’elfe vint se mettre au coté de sa ravissante épouse sur son lit, passant lentement mais tendrement la main sur ses cheveux et sa joue pour lui montrer qu’il était là. Elle ouvrit lentement les yeux et le regarda de son regard violet, souriant de son visage d’ange aux caresses de son époux.

« Soit fier mon ami, car je t’ai donné un fils… »

Sa voix était très faible, et l’elfe mit rapidement un doigt sur ses lèvres, pour lui faire comprendre avec douceur de se taire, et de se reposer.

La femme elfe referma alors les yeux après avoir déposé un baiser sur le doigt de son mari, et sombra rapidement dans le sommeil. L’homme se leva de nouveau et se dirigea vers le petit lit qui avait été improvisé pour l’enfant.

Le nouveau-né était entouré d’un drap noir, et possédait la même pâleur que son père, il regardait silencieusement avec de grands yeux violets les alentours, comme curieux du monde extérieur.

L’elfe sourit et le prit dans ses bras, pensant que son fils avait le même regard que celle qui l’avait mis au monde. Le bébé se mit a agiter les jambes en émettant une sorte de petit rire, quand les mains gantées le prirent pour l’élever jusqu’au torse de son père. Celui-ci le jugea longuement, jouant légèrement avec lui et souriant comme tous bon père…

Mais il reposa bientôt l’enfant qui se mit a pleurer. L’elfe s’abaissa alors vers le nourrisson et lui dit des paroles que lui seul pouvait entendre, d’une voix ferme et autoritaire. L’enfant parut comprendre les dires et se tut, pour finir par s’endormir…

Une fois ressorti de la tente, l’elfe noir avait gardé son sourire, et quelques hommes le regardèrent passer tandis que la pluie disparaissait. Les nuages cédèrent bientôt place à la lune, qui elle voyait non loin de là ce que les éclaireurs elfes des ténèbres n’avaient pas descellé.

En effet, tout près, des envoyés de nos héros étudiaient attentivement la façon dont les elfes noirs avaient préparé leur camp, ainsi que leur apparente motivation, et tout autre détail stratégique qui pourrait faire de la bataille qui suivrait une réussite totale.

Les troupes arriveraient sous peu, bien nourries et en pleine forme. L’attaque avait été décidée pour le lendemain matin. Bien que les deux éclaireurs s’étaient rendus compte qu’une nouvelle semblait avoir redonné une étincelle de joie de vivre dans le camp, ceux-ci estimèrent qu’il n’était pas nécessaire d’en informer leur supérieur. L’envie de se venger d’elfes noirs était plus forte que la prudence la plus absolue.

...

Le matin fut baigné de sang. Les armées d’hommes déferlèrent sur le camp elfe, non préparé et fatigué par leur précédente fuite, ceux-ci durent se résigner à combattre en sachant qu’ils allaient droit à la mort.

Le chef du camp fit ordonner que sa femme et son fils soit envoyés à l’abri avec les autres femmes du camp, tandis que lui même sortait lentement une à une ses deux lames aussi noires que l’étaient ses cheveux. Il prit position au devant de ses hommes, refusant le cheval que l’on lui tendait et attendant de front ses ennemis qui avançaient lentement.

Le combat fut bientôt lancé, les hommes en blanc déferlèrent telle une pluie purificatrice sur les elfes tout de noir vêtus. Mais la volonté des futurs perdants fut beaucoup plus dure à briser que ce que quiconque aurait pu penser. Animés par la volonté de partir de la manière la plus noble, chaque elfe redoublait de force et de courage, les guerriers qui étaient sur ce champ de bataille auraient pu vous dire qu’ils n’avaient jamais vu une tel hargne, et l’on comprit bien vite que la mort du chef, lui aussi combattant tel un possédé, permettrait probablement d’accélérer la victoire.

Le chef en question faisait voler les corps en lambeaux, et nombres de guerriers morts trônaient déjà à ses pieds. Tandis qu’il poussait des hurlements de rage à chaque coup supplémentaire qu’il portait dans la chair de ses assaillant, un carreau d’arbalète vint se figer dans son épaule, transperçant son épaisse armure de Jai.

Au lieu de se tordre de douleur sous l’effet de la perforation, il pencha légèrement sa tête en arrière et ria de plein poumon, ce qui eu pour effet de laissez tous les guerriers autour de lui bouche bée, qu’ils soit elfes, ou humains. Pendant son rire rempli de folie, il attrapa une des dagues à sa ceinture et la jeta vivement dans un cri de rage, celle-ci alla se figer dans le tronc de la personne l’ayant blessé.

Le temps que les personnes autours comprenne ce qui s’était passé, il était déjà à leur contact, tranchant et briser les os des personnes les plus proches, à grand coups de lames, mêlant agilité elfes noires et force de la haine…

…

Plus loin, les chevaux transportant la compagne du chef et les autres femmes étaient eux aussi poursuivis. Dans leur fanatisme contre le mal, les humains avaient également décidé de traquer les femmes, pour qu’aucun germe du mal ne reste en vie et ne puisse revenir crier vengeance.

Les femmes tombèrent bientôt sous les coups de lames et les pluies de flèches de leurs assaillants. Celles qui savaient se battre sacrifièrent leur vie pour tenter de ralentir leurs ennemis. La femme du chef, reconnue pour ses talents de combattante, avait voulue se joindre à elles, mais elles avaient refusé en invoquant le fait que leurs vies ne valaient rien face à la sienne et celle de son enfant.

Toutes moururent, tandis que la chef portait son enfant le plus vite possible loin de tout cela… Elle avait également prit une flèche, qui n’avait fait que passer au travers de son épaule.

La femme finit enfin par arriver dans une forêt, mais son cheval mortellement blessé, s’écroula au sol. Elle dû alors se résoudre à courir dans ces bois perdus, avec ses assaillants aux trousses.

Au moment ou elle arriva prés d’une rivière, elle comprit qu’elle ne pourrait jamais la traverser à la nage. Les eaux étaient bientôt trop agitées, et elle risquerait de faire du mal à l’enfant… Elle posa donc son fils délicatement contre la mousse d’un arbre, et sorti sa lame, se dirigeant d’un pas déterminé vers ceux qui s’approchaient pour lui prendre sa vie.

Elle défendit chèrement son âme, se battant pour son fils. Son agilité faisait d’elle une combattante dangereuse et son cimeterre volait au gré du vent, léger et meurtrier, tandis que le corps de la magnifique elfe noire tournait autour de ses ennemis, dans une danse de trépas, dans un amour pour la vie de son fils le plus total…

Quelques minutes plus tard, la femme revint prés de son enfant… Sa force lui avait permis de tuer ses assaillants, mais elle avait subi des blessures qu’elle savait ne pas pouvoir guérir... Elle s’adossa à l’arbre et prit l’enfant dans ses bras, celui-ci pleurait, mais se calma au contact de sa mère.

Elle regarda longtemps son visage, le sien était ensanglanté et en larmes, mais elle essayait de sourire. Dans les traits de son fils, elle revoyait ceux de celui qui l’avait conçue avec elle, et ses propres yeux violacés. Elle sourit une dernière fois en prononcent le nom qu’elle lui avait donné, et sa vie s’éteint…

« Myrlochar… »

…


Peu de temps après, les dryades de ce coin du monde trouvèrent le corps de l’elfe noire qui tenait dans ses bras un enfant endormi… Bien qu’apeurées, elle prirent le nourrisson, et remarquèrent que la femme tenait une pierre bleue dans la main. L’enfant fut mené à la maîtresse des lieux, qui prit alors sa venue et la présence de la pierre comme un fait du destin. C’est pourquoi elle lui attribua le nom du joyau…

« Lazuly. IL se nommera Lazuly. »