La mise à mort d'Athan En Amarth

Ouvert par Caleo le 06/03/2008

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[i:9352c8775e]Voici la rédaction du RP de la mort d'Amarth que je vais également copier sur le forum. Comme je ne vous suis pas à la fin de cette aventure, je vous remercie déjà tous pour ces presque 4 années de jeu avec ses hauts et ses bas en espérant que ce qui suit vous donnera un aperçu du respect que m'a toujours inspiré Seb, notre MJ si sadique et pourtant le meilleur de tous. Maelys sera toujours d'accord avec moi sur ce point-là. D'ailleurs, toi et moi, il faut qu'on parle. Voici donc mon récit que je n'ai pas le courage de relire d'une part parce qu'il fait 5 pages et d'autre part parce que j'écoute une musique en boucle depuis plus d'une heure (Robert J. Kral - Hero feat. Erin Carlson) qui m'a permis d'être dans la plus solennelle des ambiances.

Ceci est pour toi, mon Seb. En espérant te revoir très bientôt... A armes égales ;) Et ceci est également pour toi, Fyz. Grâce à ça, tu comprendras pourquoi le départ de notre MJ préféré mérite sa mise en valeur. (et tu ne sais pas l'équipe que tu récupères. Bon courage à toi.)[/i:9352c8775e]



[list:9352c8775e]De retour dans la grande clairière de l’une des liches les plus célèbres du monde d’Anastasia, les diciples d’Amarth sont réunis pour voir leur maître une dernière fois. Kishiro l’homme lige, Maelys la prêtresse devenue liche, Caleo, la succube et Fionna la magicienne accompagnés d’Adon le Paladin, Feldon l’alchimiste hobbit, Krallen le nécromancien ainsi que les aides précieuses de Ryzeline la Dryade, Cassis la hobbit voleuse et Zaïn l’Elfe des Ténèbres. Tous réunis devant Mel-Haldar, l’arbre sacré d’Amarth. Mais seuls deux d’entre eux possèdent le droit et le devoir d’assister à sa mort.

C’est ainsi que Maelys et Caleo se retrouvent face à leur destin respectif. Les deux femmes possédaient une ressemblance effarante. Elles étaient toutes deux presque indissociables avec leurs longs cheveux blonds, leurs yeux d’un bleu profond, leur taille élancée et fine et leur beauté à chacune différente mais époustouflante. Affaibli, Amarth les regarde toutes les deux appuyé contre l’autel, un léger vent faisant bruir le feuillage de l’arbre et alors que les larmes de Maelys coulant silencieusement jusqu’à la pierre incrustée dans sa gorge, Amarth prend la parole, tendant une main faible vers Caleo.

_ Approche, Caleo. Il te faut maintenant agir. Ce que tu sais depuis le début, depuis ce jour où tu as fait ce rêve. Ou plutôt depuis que je te l’ai insufflé. Rappelle-toi…

Mais cette dernière l’évite du regard, les bras croisés, les yeux dans le vide aux alentours. Elle a vu les urnes, elle sait ce qu’elle doit faire. Sa destiné reposait en trois options. L’une, trahir Amarth en restant avec Kishiro, ce qu’elle pouvait immédiatement écarter. L’autre était de le tuer de ses propres mains, ce dont elle était incapable et la dernière était qu’il reste en vie, à ses côtés, chose qui lui semblait de plus en plus improbable face à l’état détérioré de son maître. Son visage était maintenant ravagé, il ne lui restait plus qu’un œil et une joue, son corps décharnu caché sous son manteau. De ce dernier, il sortit son katana.

_ Te souviens-tu de la façon dont tu me tuais ? Avec cette lame, la lame qui a comattu les hordes de Necra.

Lentement, Caleo tourne la tête vers lui en déglutissant, ses cheveux flottant dans le vent pour révéler son visage aussi dur que la pierre tant elle est en colère contre lui. Elle savait de quoi il parlait, à quoi il faisait référence. Elle se souvenait de ce baiser qu’il lui avait donné pour lui montrer qui il était et ce à quoi il aspirait en insinuant combien c’était son devoir à elle de mettre fin à sa vie de plus de 2500 ans.

_ Je dois partir. Mon état peut être rétabli mais je ne le veux pas. Je souhaite mon repos. Je souhaite aussi partir debout et non détruit par Necra. Regarde ma lame. Prends la !

L’ordre d’Amarth fait tressaillir les épaules de la succube alors qu’elle baisse ses yeux sur la lame en pinçant les lèvres. Voyant qu’elle ne la prend pas, il pose le katana sur l’autel auquel il se tient pour se rapprocher des urnes.

_ Je vois, il faut que je commence pour que tu suives, c’est ça ?

Il s’approche d’une des urnes et l’attrape pour la projeter au sol. Son cri losque celle-ci se brise est un véritable déchirement et Caleo oublie sa colère pour faire place à son désespoir en le voyant tomber sur l’autel à plat ventre. Elle hurle, courant pour le soutenir, les larmes commençant enfin à couler le long de son visage à son tour.

_ Non ! S’il y a un moyen, je le ferai ! Mais je ne te laisserai pas m’abandonner aussi lâchement ! Qu’est-ce que je vais devenir !
_ Tu… Tu es dans… Dans mon cœur comme je suis dans le tien. Tu as une partie de moi avec tes ailes ! Je ne t’abandonne pas ma petite descendance, tu vas continuer ta route, la continuer avec panache et loyauté. Sois digne de tes descendants, ne laisse pas l’instinct de la succube prendre le pas sur ta personnalité.
_ Mais quels descendants ! Je n’en aurai jamais !
_ Tu vas devenir la plus grande des succubes et la plus droite qu’il n’ait jamais existé. Pandemonia regrettera de t’avoir faite.

Mais Amarth s’affaiblit de secondes en secondes, toussant pour garder sa vie un dernier instant afin de dire ce qu’il a à dire. Il se redresse et s’appuie difficilement sur ses bras en lui faisant signe d’approcher. Retenant encore le flot de larmes qui menace d’exploser ses yeux, Caleo s’approche en pinçant les lèvres, la gorge serrée ne sachant pas comment le toucher et par où le tenir. Amarth tend une main délicate pour lui essuyer ses larmes de la même façon qu’il l’avait fait plus tôt pour Maelys. Puis il fait glisser une urne vers elle.

_ Dans celle-ci est mon cœur…
_ Tu ne peux pas me demander de faire ça…
_ Tu veux que je sois obligé de me suicider ? Que je meurs par mes propres mains ? Fais-moi plaisir, déploie tes ailes, je ne les ai pas encore vues, je n’ai jamais cette transformation pour moi quand cette cape était mienne.

Caleo acquiesce péniblement, le visage enlarmé puis elle se recule pour se donner du champs libre. Elle ressent l’instant autant comme un hommage que comme une dernière volonté, ses yeux enlarmés n’anéantissant pas la beauté dont elle peut faire preuve en levant lentement ses ailes encore blanches des plumes qu’elle avait collées pour envahir Sheffren après avoir abandonné ses amis, comme si cette tâche relevait de sa seule destiné autant que de sauvegarder la vie de ses compagnons. Amarth peut alors juger de l’ampleur époustouflante des ailes par-dessus les épaules de Caleo, gigantesques et majestueuses. Malgré qu’elle soit incapable de sourire, cela ne gâche en rien le respect qu’elle impose en cet instant, comme si elle se mettait à nu face au seul homme qui n’ait jamais compté pour elle en dehors de son père. Amarth garde le silence, son unique œil ne perdant pas une seule seconde de ce spectacle. Brusquement, elle déploie le peu des ailes qu’il lui reste pour les tendre complètement et il en profite pour placer l’urne dans sa trajectoire. La liche tombe au sol, recroquevillé sur lui-même alors qu’un cri d’autant plus strident s’arrache de sa bouche.
La succube, quant à elle reste stoïque mais crispe les yeux, ses épaules se secouant sous les sanglots alors que le cri retentit dans ses oreilles.

_ Tu es magnifique. J’ai bien fait de te donner cela…

Il se roule sur lui-même, s’accrochant à son fauteuil de pierre pour se reposer dessus, sa respiration de plus en plus faible et saccadée.

_ Tu vois… Tu vois que tu peux… le faire.

Caleo sait qu’elle n’a plus d’autres solutions que d’abréger ses souffrances et c’est en larmes qu’elle l’aide à se redresser avant de prendre l’urne suivante d’une main tremblante et de parler d’une voix rauque et éraillée.

_ Mais je ne veux pas ! Tu m’y forces… Je ferai tout pour te rester digne. Je te le jure.

Elle laisse alors planer un certain silence pour récupérer sa respiration et peser ses mots donnés à l’homme qui est le plus cher.

_ Parce que je t’aime.

_ Merci ma petite descendance, merci pour ton aide, pour ton soutient. En te regardant, je revoyais chaque fois ma chère épouse et maintenant, je vais la rejoindre. Je ne te force à rien, je te demande une dernière missions, une dernière preuve de ta loyauté envers moi. Tu garderas la lame que tu enfonceras dans mon corps pour à jamais garder une arme de tes ancêtres. Allez ! Jette cette urne ! Celle-ci contient mon âme, tâche de la détruire sur l’autel pour pouvoir la mélanger avec l’urne de Maelys !

Pleurant à chaudes larmes, Caleo lève l’urne dans ses mains et tourne la tête en crispant les yeux pour ne pas être témoin de son propre acte et se convaincre que ce n’est pas elle qui va mettre fin à la vie de son maître. Maelys avait déjà refusé d’être cette personne que l’histoire aurait décrite comme celle qui a assassiné Athan En Amarth. Malgré elle et sous le regard de l’ancienne prêtresse nécromancienne désespéré, Caleo lance l’urne sur l’autel. Ce n’est pas un cri qui sort de la bouche d’Amarth mais du sang. Son ventre s’est contracté et ses yeux sont exorbités et il n’arrive plus à parler. Il n’arrive qu’à s’essuyer la bouche en tremblant, sentant les derniers instants de sa vie. Maelys quant à elle est tombée à genoux au sol, en pleurs, refusant d’assister à la scène avec autant de colère que de peine. Mais Amarth n’a pas fini, il veut encore revoir les ailes de Caleo, lui intimant d’un signe faible de la main avant qu’elle ne brise l’ultime urne. Caleo doit alors se relever et péniblement elle s’éxécute, les larmes ruisselant sur ses joues, le visage déformé par la tristesse. Son regard se pose sur Amarth. Malgré sa laideur décomposée, elle ne voit que ce qu’il a été avant tout ça et ce qu’elle est par définition. Pour honorer tous les cadeaux qu’il lui a fait, toute sa vie qu’il a sauvé au long des aventures dans lesquelles il l’a guidée elle, Maelys et les autres, elle s’approche avant de prendre le peu de visage qu’il lui reste et vient l’embrasser, le baignant de larmes, les yeux crispés. Amarth ne peut que soupirer.

_ Prends soin de toi, je t’aime ma fille.

Secouée de sanglots, elle finit par s’écarter avant de se redresser et prend la dernière urne en déglutissant. Lentement, Caleo se recule pour redresser ses ailes, l’urne froide contre sa poitrine sur laquelle tombent ses larmes brûlantes de détresse. Puis dans un soubresaut, elle crispe les yeux en une grimace de douleur et lâche l’urne qui vient s’exploser au sol. Quand cette dernière touche le sol, un dernier râle camouffle le bruit des éclats et Amarth se met à convulser, un sourire perlant sur ses lèvres décharnées. Maelys assiste à la scène, impuissante alors que Caleo dont les larmes ne peuvent se calmer, grandissant encore en couvrant les râles d’Amarth. C’est d’une main tremblante et peu assurée que Caleo prend alors le katana de son maître et parent, laissant la lame traîner au sol dans un raclement sinistre de mise à mort, comme si elle tentait de gagner du temps, ses bras manquant de force autant que sa volonté. Aveuglée par ses larmes, Caleo ferme les yeux un instant, secouée par ses sanglots avant de relever le katana en un hurlement de rage et de douleur, plongeant l’arme dans le corps de la liche. La force condensée va jusqu’à enfoncer la pointe de la lame dans la pierre du fauteuil dans le dos d’Amarth. Ses mains glissant lentement du pommeau, Caleo tombe au sol alors qu’Amarth demeurre sans vie, immobile sur le fauteuil de pierre.

Elle ne peut que se remémorer les instants passés auprès d’Amarth, ses conseils, la première fois qu’il lui est apparu, comment elle en est venue à connaître Kishiro et les autres par la suite. Tous ces mondes visités par son seul commandement, ces aventures passées sans jamais poser de question, toujours loyale et fière de celui qui lui avait redonné la vie. Vie que lui-même avait perdu après celle de sa femme. Au souvenir de cette vision qu’il lui avait adressée de la plus intime des façons selon Caleo, elle redoubla de larmes, ses jambes désarticulées sur le sol, son corps penché en avant et sa tête basse, seulement retenue par ses mains contre la terre et ses cheveux blonds cendrés barrant son visage, collés par les larmes salées qui tombent près de ses doigts.

C’est alors que la succube ressent une forte aura derrière elle et une voix douce lui parle, telle un ange ou un prophète. Elle connaît cette voix, c’est pourquoi elle l’écoute attentivement.

_ Caleo… Amarth est parti dans l’honneur, tu peux être heureuse de ton action. Tu lui as donné une fin digne d’un seigneur du Chaos. Une fin qui ressemble à ce qu’il aurait voulu. Il faut finir le rituel pour qu’il vienne à moi totalement ainsi je pourrai le réunir à sa femme.

Mais Caleo est moralement épuisée. Elle secoue la tête sans s’arrêter de pleurer.

_ Non ! Ne me demandez plus rien, je ne suis plus rien !

La voix d’Haissa est toujours aussi sereine, douce et mélodieuse. Elle parcourt le corps de Caleo d’une chaleur réconfortante.

_ Il faut finir, Caleo. Il faut amener son corps sur le bûcher.

Caleo relève les yeux sur Amarth avant de se redresser et tourner les yeux vers Maelys qui vient vers elle, le visage aussi décomposé que le sien. Toutes deux contemplent solennellement le corps de leur maître et parent un long moment, prenant en respect son corps désormais inanimé, bien décidées, l’une et l’autre à lui rendre un hommage qu’aucune créature d’Anastasia n’aura jamais eu l’honneur d’avoir.
Lentement, la succube retire le katana de la pierre et se tourne vers l’autel pour rapprocher l’urne de Maelys vers elle et rassembler les restes d’Amarth pour les mélanger. Soudain, Maelys pousse un cri en tombant à terre et Caleo accourt pour la soutenir et la tenir contre elle alors que la nouvelle liche convulse à son tour. Se calmant après un moment, Maelys se relève, magestueuse avec des yeux noirs et un regard froid. Malgré tout, sa voix reste teintée de peine et de tristesse.

_ Amenons-le vers sa destiné.

Alors les deux femmes portent le regretté corps de leur maître sous le sourire invisible d’Haissa, belle image pour celui qui les a portées durant toutes ces aventures.

_ Il ne pourrait en être plus fier.

La voix d’Haissa retentit dans le silence alors que Caleo et Maelys dépose délicatement le corps sur le bûcher rouge et or et toutes deux le regarde brûler dans les flammes qui décomposent le reste de son corps, leur visage baigné de larmes mais également d’honneur, d’hommage, de fierté et de loyauté. Alors que seules des cendres persistent, Caleo se tourne vers son amie pour plonger sa tête contre son épaule et pleurer enfin, laissant place à un deuil qui planait sur leur tête depuis des années alors que toutes les deux savaient qu’un jour, ce moment arriverait sans penser que ce serait le plus dur à faire : survivre. Maelys entoure la succube de ses bras pour pleurer à son tour chaudement, le destin des deux femmes ayant toujours été secrètement relié. Depuis le premier jour, elles savaient. Elle savaient qu’un homme se tenaient entre elles mais jamais elles n’auraient pu reconnaître ni l’une ni l’autre la complicité intense qui les liaient, prenant l’instant avec fierté d’avoir assisté à la fin de la créature, qui selon elles, possédait leur plus grande estime et respect.



Plus tard, les cendres seront réparties sur une tombe que le grand chêne montrera avant de se refermer pour les cacher et les protéger des regards indiscrets, laissant Maelys nouvelle gardienne des lieux.[/list:u:9352c8775e]


[i:9352c8775e]Je remercie chaudement Amarth pour ces quatre années de masterisation et d'amitié. Il a toujours été le meilleur des MJs à mes yeux et il le restera. Il nous a apporté des rires, nous a appris tellement de choses et il nous a surtout permis des délires innomables, des moments passés avec lui inoubliables. Anastasia ne sera plus jamais pareil pour moi sans lui... Et c'est pour ça que j'arrête là avec lui car un jeu ne vaut pas sans lui. Alors merci à toi, Seb. Merci à toi, Maelys. Et Merci aux autres.[/i:9352c8775e]