Du fond du coeur

Ouvert par Aragorn le 13/04/2003

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Ceci est une nouvelle écrite il y a +- un an. Le style n est pas toujours exceptionnel, pour dire qu il est parfois execrable mais bon. Peut etre que je ferai une suite.




Il est des gens dont la présence n'affecte en rien une pièce, ils passent tellement inaperçus qu'ils pourraient mourir devant nous sans qu'on le remarque. C'était le cas de Enor Kyns et pour un homme comme lui, c'était plutôt un compliment. Il faisait en effet partie des voleurs qui infestent l'Araden en ces temps troubles. On remarqua d'ailleurs sa mort que plusieurs heures après que les Dieux l'aient rappelé à eux. L'affaire fit grand bruit à Mindolin, on racontait qu'un assassin était arrivé en ville et qu'il était si habile qu'il arrivait à tuer un prince de la cambriole et en pleine taverne et sans que le moindre quidam le remarque! Le roi Blaize qui d'ordinaire se serait féliciter que ces chiens se dévorent entre eux étaient plutôt inquiet. Une ombre tueuse, c'était très mauvais pour sa cote de popularité et pour le moral du peuple, déjà durement éprouvé par la guerre. Il fallait pendre le coupable haut et court!
Quand le messager royal arriva chez Lin De Malbeuge pour lui délivrer son ordre de mission, il éprouva une intense joie : enfin les puissants se rappelaient de lui, il allait enfin reprendre du service après cette terrible bataille de Varchen qui faillit lui coûter la vie.
Varchen… en fermant les yeux il se revoyait sur le front. Fougueux comme il l’était, avait imploré son capitaine de le mettre en première ligne. Celui-ci le regarda d’un air désolé, puis avec une tape sur l’épaule lui donna l’autorisation. S’il avait été plus proche de lui, Lin aurait pu entendre son supérieur murmurer qu’il venait d’envoyer un jeune homme à la mort…
Ils n’étaient que 2 Aradins en première ligne à côtoyer les guerriers nordiques, Aragorn Lievremont son ami d’enfance avait tenu à l’accompagner « pour pas que tu fasses de conneries gamin » lui avait-il dit. A côté d’eux se trouvait un certain Werner Codom dont la hache parfaitement aiguisée luisait au soleil. Ils échangèrent quelques mots puis le cor résonna et les troupes s’ébranlèrent. Les Gobelins furent une cible facile…du moins pour tout observateur extérieur… Dans la mêlé, le désordre le plus complet régnait : les monstres verts étaient partout et plus on en tuait, plus il en venait. Un coup mal placé faillit même trancher la tête du nordique mais Aragorn fut le plus rapide et le faible bras vert gisait maintenant au sol. Son propriétaire se vida de son sang pendant plusieurs minutes avant de succomber, seul, abandonné de tous.
La guerre glorifie ses survivants, mais ses victimes gisent à jamais sur les plaines de l’oubli, condamnés à n’être que des statistiques ou des noms sur des monuments si ils ont de la chance. Arrivaient enfin les terribles Huruk-Haik, élite de l’armée ennemie, accompagnés par de nombreux démons. Les hommes se faisaient décimés par ces terribles combattants. Lin se rappellera toujours du visage d’un soldat qui eut juste devant lui le corps défoncé par la puissance d’un coup de hache. Il était désormais étalé par terre, agonisant quelques secondes, dans un dernier souffle il n’eut que la force de dire faiblement « maman ». Il n’eut presque pas le temps de se relever : un démon l’attrapa et l’envoya voler à plusieurs mètres. Puis plus rien, le noir. Quand il s’éveilla il était dans une tente avec d’autres blessés, cela faisait plusieurs semaines qu’il était dans le coma. Tout le monde l’avait cru mort.
Le bruit d’une porte claquant derrière le héraut le sortit de sa torpeur. Il prit la lettre et la lu :

De Capitaine Delas, commandant de la garde de Mindolin.

Lieutenant Lin de Malbeuge, nous avons besoin de vous à la garde de Mindolin. Veuillez immédiatement vous y rendre afin de recevoir votre affectation.

Il mit la lettre dans sa poche et se mit en route. Cela faisait bien longtemps qu’on ne l’avait plus appelé « Lieutenant », petit souvenir de Varchen... Les rues de la capitale du royaume des humains étaient bien tristes, partout on trouvait quelques pauvres demandant l’aumône, tantôt au nom d'Oriana, tantôt au nom d'Eru... des enfants crasseux courraient et jouaient pour tromper le chagrin de la perte de leurs parents...foutue guerre... la ville avait été pratiquement complètement rasée et était en pleine reconstruction.
La garde n’échappait pas à la règle et c’est dans un bureau sans toit que fut reçu notre héros. Delas était assis, les pieds sur un meuble usé, il était fatigué, mais quand Lin entra il se mit directement dans une position plus académique.
« Bonjour sir de Malbeuge, bienvenue, je vous aurais bien offert un siège mais…héhéhé…il n’y en a pas. Le bois est devenu une denrée rare ici. Si je vous ai fait venir ici c’est que nous avons une sale affaire sur les bras : Un homme est mort et personne ne semble l’avoir tué, hors, sa dague ne s’est pas plantée dans son cœur toute seule… il nous faut quelqu’un pour démasquer ce tueur invisible. Tout est dans ce dossier, lisez le attentivement et trouvez moi le coupable. Ah oui, j’oubliais : les détails de l’affaire doivent rester secrets. Inutile de vous rappeler qu’en Araden on tranche toujours la tête des traîtres… »
La joie de enfin réintégrer l’armée se mêlait à une colère profonde. Colère, qu'il ne laissa évidement pas transparaître devant le représentant de son seigneur. C'est seulement quand celui-ci pris congé qu'il la laissa éclater. "foutu Lievremont! Tandis que ce vieux salopard est à la tête d'une armée, moi je fais chier à courir les fantômes!".
Une fois rentré chez lui, il parcourut les documents. La victime semblait n’être qu’un petit voleur, mais il était évident que si on avait engagé un assassin si habile il devait être plus que cela… Il passa la soirée le nez dans la paperasse avant de s’endormir.
Le matin fut consacré à l’autopsie du cadavre. Même si ca ne se faisait pas normalement et que les prêtres allaient vouloir le tuer, il tenait à en pratiquer une. Il faillit le regretter quand il ouvrit le cercueil dans lequel on l’avait déjà déposé. L’odeur de mort qui s’en dégageait faillit le faire tourner de l’œil, mais bon, c’était un guerrier, un vétéran et il aurait l’air très stupide s’il tombait dans les pommes. L’homme était assez petit, à peine un mètre soixante, cheveux noirs, yeux bruns. Il portait à la main droite un anneau gravé à son nom qu’il retira avec une grande facilité. Il n’était pas vraiment musclé mais il est vrai que c’était difficile à déterminer pour les abdominaux au regard de l’énorme fente qui s’y trouvait. Malgré son dégout croissant, il l’explora. Il découvrit que l’arme avait creusé un trou pour remonter jusqu’au cœur. Tous les organes dans le chemin ont été immédiatement carbonisés. En fouillant un peu, il finit par découvrir ce qu’il espérait : l’arme du crime, toujours fichée dans un cœur brisé. C’était un superbe poignard. La lame était noire, sans aucun reflet. Le pommeau était lui en or et était incrustée d’un rubis qui lui rappelait les yeux d’un démon. C’était évidemment un artefact unique et d’une grande puissance. Ses pouvoirs lui étaient inconnus, seuls les mages elfes pourraient l’aider. Mais rien que l’idée de s’adresser aux « tapettes des bois » le dégoûtait. En plus, il n’avait pas le temps ! Une fois son travail effectué, il laissa le corps sur la table où il l’avait examiné, les clercs n’avaient qu’à l’enterrer, ce n’était plus son affaire. Il cacha la dague dans son sac avant que quiconque ne la remarque. Pendant tout le trajet jusqu’à sa maison, il ne put s’empêcher de se sentir oppressé, comme si tout le monde le regardait, ces regards le transperçaient jusqu’au fond de son âme, jamais il ne ressenti pareil sentiment. Il finit par découvrir que 2 hommes le suivaient. Par principe, il ne voulait pas se laisser pister aussi facilement. Il changea 2 à 3 fois d’itinéraire passant par les ruelles les plus fréquentées de la ville. Lorsqu’il entra dans une impasse, ses poursuivants croyaient tenir leur proie. Mais il n’y avait plus rien au fond du cul-de-sac. La dernière chose qu’ils entendirent avant qu’un terrible éclair ne viennent s’abattre sur eux par derrière était la voix de Lin qui leur disait « Bande d’imbécile, vous avez oublié que je sais voler ». Quand les deux hommes se réveillèrent, ils étaient attachés à une chaise et leur gibier était devant eux, appuyé sur son épée. Après quelques heures de tortures plus atroces les unes que les autres, ils furent relâchés avec quelques doigts en moins, les bras broyés et tellement de coupures sur le corps qu’il leur faudrait des heures pour toutes les dénombrer. Ils avaient avoué qu’ils étaient deux membres de la guilde des voleurs et qu’ils avaient ordre de le suivre. Ils ne savaient rien de plus mais il continua l’interrogatoire pour son propre plaisir…
Il savait qu’ils allaient avertir leur chef et que seul lui pourrait l’éclairer.

Le soir venu, il s’attela au repérage des lieux du crime. Quand il entra à la taverne de l'étalon, la première chose qui le frappa était la terrible odeur de bière et malheureusement, c'était de la basse qualité... La seconde vague qui le submergea était composées d’autres effluent qui feraient vomir le non habitué. La décoration était digne d’une caverne de Troll, et encore, eux ont parfois des objets de valeur chez eux… tout avait été arrangé pour être bon marché et solide. Les bancs et les tables étaient faites de bois, sur certaines on voyait quelques bouts de verres incrustés, témoignages de soirées trop arrosées entre gens de mauvaise fréquentation.
Et encore, Lin ne voyait pas la tache de sang derrière le bar dont le sourire édenté du barman en disait long sur la provenance. Il commanda sans grande conviction un verre « d’alcool du pays » et une fois qu’il porta le breuvage à ses lèvres, il n’eut qu’une envie : prendre cette horreur et l’utiliser pour décaper son armure. Il interrogea quelques clients mais comme on lui avait dit : personne n’a rien vu. Vers minuit, il quitta la place. Mais il ne rentra pas directement. Il s’enfonça de nouveau dans les quartiers sombres mon arriver à une lourde porte en fer sur laquelle il toqua. Le garde eut a peine le temps de regarder par la meurtrière que le guerrier-mage était déjà à l’intérieur. La première pièce était assez petite, outre la personne qui lui avait ouvert et qui avait déjà la tête tranchée, 2 autres voleurs jouaient aux cartes tranquillement. Ils n’eurent pas le temps de déposer leur jeux que l’épée s’abattit à deux reprises sur eux. Le combat se poursuivi dans quelques sales jusqu’au moment au le second de la guilde des voleurs de Mindolin le défia en duel. C’est lui qui lança la première attaque qui fut habillement parée par Lin qui répliqua par une boule de feu au visage de son ennemi. Le projectile contre toute attente explosa juste avant le visage, il était en vie mais aveugle. Il ne vit pas la lame du soldat lui trancher la tête avant de l’emporter. Quand il arriva dans la sale du trône, il la lança aux pieds de Van Presani, grand seigneur des voleurs de Mindolin.
_ Pour entrer en ces lieux, tu dois être fou ou suicidaire. Je sais qui tu es Malbeuge, si tu crois que tu pourras m’avoir aussi facilement que les deux idiots de ce matin et que mon lieutenant tu te trompes !
_Donne moi les informations que je désire et ta vie sera épargnée. Tu as 3 secondes pour me déballer tout ce que tu sais sur Enor Kyns avant que ca tourne très mal pour toi.
_Tu crois que c’est en me menaçant que tu vas arriver à me faire parler ? Pauvre fou ! Gar…
Il n’eut pas le temps de finir son mot que Lin s’était déjà téléporté derrière lui, prêt à l’égorger au moindre mouvement.
_Si tu crois que j’aurais le moindre scrupule à te tuer, tu te trompes. Maintenant si tu ne veux pas passer trois heures à être lentement, très lentement torturé tu as intérêt à parler et à dire à tes gardes d’aller jouer plus loin.
_Ca va, ca va. C’est bon : Kyns était un voleur d’armes et d’objets magiques. On dit qu’il trempait dans pas mal de trafique dans le sud et qu’il avait une fortune colossale, personne ne connaît son visage, son contacte en ville est Ulf Geldjin, un trafiquant…
Lin relâcha son emprise et avant que les gardes aient pu agir, il se téléporta à nouveau chez lui. Il se disait que ce n’était pas demain la veille qu’on oublierait son incursion…
Il laissa son sac sur sa table de nuit et c’est le sourire aux lèvres qu’il s’endormit ce soir la, il savait que la journée suivante lui apporterait la solution à son problème… Pourtant son sommeil fût loin d’être reposant. Il fut hantée de sombres esprits. La première vision qui lui vint fût celle des rues de Mindolin. Il vit une maison en flamme et des enfants à l’intérieur criaient, il savait que s’il allait les aider il périrait, mais il le fit tout de même. La seconde le plaça dans le palais royal. Il était avec le roi, celui-ci dormait, il sentit en lui une irrésistible envie de lui prendre sa couronne, de devenir le maître et c’est ce qu’il fit avant de se réveiller en sueur. Quelque chose le piquait sur le ventre. Il découvrit la dague noire qui avait du tomber du sac.

Ulf Geldjin était en train de prendre son petit déjeuné quand Lin s’invita à sa table.
_Je te laisse le choix Ulf, soit tu parles, soit c’est ton dernier repas. Ne pense même pas à appeler tes larbins : un sort de charme à suffit à les convaincre que j’étais leur meilleur ami. D’ailleurs, tu es aussi le mien n’est-ce pas ?
_Bien sur, que veux-tu ?
_Qu’est ce que tu as reçu de la part de Enor Kyns, je sais qu’il est venu te voir.
_Oui, il avait fait quelques emplettes : il m’a apporté un anneau, une amulette et une dague avec une lame noire, mais je lui ai dit de garder l’arme, elle ne m’inspirait pas. Tiens, voilà la cargaison, prends la, je te l’offre a toi mon vieil ami
_Merci Ulf, maintenant endors toi.
Il sorti tranquillement du bâtiment, laissant son propriétaire endormi et ses sbires dans le même état. Il savait à qui appartenaient ces objets et il lui restait à rentrer à la garde pour terminer son affaire.

Le Capitaine Delas était toujours dans son bureau avec vue sur le ciel. Heureusement qu’il ne pleuvait pas…
_Bonjour Capitaine, l’enquête est bouclée
_MALBEUGE ? ! Vous m’avez fait peur, je ne vous ai pas vu entrer… alors, racontez moi tout !
_Voyez-vous, toute l’énigme repose sur une épée : celle que j’ai retrouvé dans le corps de Kyns. Cette lame, semble être habitée d’une puissance chaotique, tenez, prenez la.
Lin déposa alors l’arme sur le bureau.
_Effectivement, elle n’est pas très rassurante et alors ?
_ Dès que j’ai eu cette épée en main, j’ai eu l’impression que quelqu’un m’observait…me sondait. C’était elle…elle voulait découvrir le fond de mon âme. C’est la dague du paladin. C’est une épée gardienne, elle a une personnalité propre… elle a été forgée il y a des siècles par des paladins de Génes. Seul un homme dont les intentions sont pures peut la manier. Elle a disparu il y a près de 10ans quand le temple s’est fait cambriolé par Enor Kyns. Quand ce dernier la porta à la ceinture le soir où il est mort, elle a réagit et a accomplit son office.
_C’est très bien, non seulement nous avons un individu gênant en moins mais en plus nous allons rendre une relique aux paladins, ils seront très content. Vous avez fait de l’excellent travail.
_Attendez, je n’ai pas terminé. Vous ne trouvez pas étrange qu’un voleur se promène en rue avec rue avec un objet qu’il sait dangereux ? En plus, vous avez déjà vu un voleur avec un anneau gravé à son nom ? C’est ridicule, en plus cette anneau n’est même pas à la bonne taille.
_Ou voulez vous en venir ?
_ Une seconde ! Donc, j’en conclu que l’homme qui est mort n’était pas Enor Kyns.
_Comment ? ! ! ! C’est stupide ! ! !
_ Pas tant que ça ! Je vais vous dire ce qu’il s’est passé : le voleur a été renseigné par une tierce personne d’une maison isolée, renfermant de grands trésors. Appâté, il décida de tenter le coup. Maigre butin… il n’avait réussi à glaner qu’un anneau et qu’une seule amulette, sans parler de l’arme évidemment. Il tenta de revendre ses objets mais la lame lui resta sur les bras. Il décida donc de la garder pour lui et ce qui devait arriver, arriva.
_Et qui est donc cette tierce personne dont vous parlez ?
_Mais vous le savez très bien : c’est vous !
_QUOI ? ! POURQUOI AURAIS-JE FAIT UNE CHOSE PAREILLE ?
_Très simple : C’est vous Enor Kyns. Vous vouliez vous faire oublier, quoi de mieux de faire croire qu’on est mort ? Il n’y avait pas un seul anneau, mais deux ! Comment cet anneau trop grand aurait-il pu tenir au doigt du voleur si ce n’est par un maléfice ? Vous saviez très bien qu’il n’aurait jamais pu revendre la dague et qu’elle allait le tuer…
_Raisonnement tout à fait correcte. Je vous ai sous-estimé Malbeuge. Le problème est que personne ne va jamais vous croire. Qui pourrait penser que c’est moi, le capitaine de la garde de Mindolin qui suit en fait le plus grand voleur de tous les temps ? hehehe impossible.
_Mais mon cher Enor, je n’aurais rien à prouver. Quelqu’un d’autre se chargera de vous faire payer pour moi.
Le rubi se mit alors à briller de milles feux et la dague s’enfonça profondément dans le cœur du voleur. Avant même qu’il ne réalise son erreur, il était mort.
Il est des gens dont la présence n'affecte en rien une pièce, ils passent tellement inaperçus qu'ils pourraient mourir devant nous sans qu'on le remarque. C’est le cas de Lin de Malbeuge, après avoir récupéré la dague il quitta tranquillement la garde mais lui, avait un anneau d’invisibilité